Emile Ouosso Ministre : l’exploitation forestière en Afrique

Le bois constitue une ressource de choix dans les constructions et aménagements à travers le monde. Pour l’avoir, il faut abattre des arbres dans diverses forêts réparties sur le globe principalement en Afrique. Cependant, depuis quelques années, l’exploitation forestière dans cette partie de la planète et de mieux en mieux maîtrisée. Emile Ouosso Ministre au Congo nous en parle.

La situation de l’exploitation forestière en Afrique

Entre les tronçonneuses des entreprises industrielles et celles des exploitants artisanaux, les forêts de l’Afrique sont bien exploitées. Lorsque l’on parle de gestion des forêts sur le continent, tous les regards se tournent vers les exploitants industriels. Cependant, comme le souligne Emile Ouosso Ministre, il faut aussi prendre en compte un groupe petit en apparence, mais géant d’après les chiffres.

En réalité, les industriels récoltent le bois à grande échelle, mais la plus grande partie est exploitée par les exploitants informels. Cela ne se remarque généralement pas, car les textes sur l’exploitation forestière ne concernent que les industriels. Par conséquent, seuls les chiffres de ces derniers font objet de contrôle et sont répertoriés.

Il y a aussi le groupe des artisanaux, petits et gros exploitants. Aujourd’hui, ils opèrent de manière beaucoup plus formel. Il s’agit de milliers d’individus pris en compte par les lois en vigueur et et agissant de manière légale.

Pour eux, l’exploitation du bois forestier constitue une source principale de revenus. « Les profits sont utilisés pour subvenir à leurs besoins vitaux et à ceux de leurs familles » explique Emile Ouosso Ministre au Congo.

Les chiffres sur l’exploitation forestière en Afrique selon Emile Ouosso Ministre

Iil existe des données chiffrées sur l’exploitation forestière sur le continent, qui permettent d’avancer des chiffres exacts ! La raison est simplement la présence du secteur artisanal qui permet d’ajuster les calculs.

En effet, la production de ce secteur formel est mentionnée dans les statistiques. Ainsi, prenons le cas de la Zambie qui, en 2016, déclarait une exportation de 3000 m3 de bois vers la Chine. Les données recueillies montrent un chiffre de 61 000 m3 exportés en général. Il en est de même pour le Cameroun qui déclare 280 000 m3 vers le Vietnam, et un total de 510 000 m3 à l’exportation.

Ces informations observées au niveau des statistiques montrent clairement l’importance des contrôles sur l’exploitation forestière dans les pays africains.

La responsabilité partagée à divers niveaux

La question de la gestion des ressources forestières en Afrique n’est pas un sujet récent. Les données révèlent la grande production du bois par les exploitants artisanaux. Au Congo, leurs chiffres s’élèvent à 3,4 millions de mètres cubes produits par an. Cela équivaut à 13 fois la production industrielle du pays. En Côte d’Ivoire, ils possèdent 27 % du marché du bois.

Contrairement à ce qu’on laisse paraitre, ces chiffres ne passent pas inaperçus à la vue des autorités concernées. La présence de lois concernant ces exploitants leur permettant d’opérer de manière officielle contribue à la réalisation du profit personnel des exploitants et des pays. Par ailleurs il faut rappeler que ce type d’exploitation permet de créer 25 000 et 45 000 emplois directs respectivement en République du Congo et au Cameroun.

Solaine Auteur